Apulée

Apulée (en latin Lucius Apuleius, en berbère Afulay) né vers 123 à Madaure, actuelle M’daourouch au nord-est de l’Algérie, décédé probablement après 170 est un écrivain, orateur et philosophe médio-platonicien. Sa renommée vient de son chef-d’œuvre, le roman latin Métamorphoses, également connu sous le nom de L’Âne d’or. L’interprétation du roman présente de nombreux problèmes en raison de sa multitude de strates. Il constitue un exercice difficile de la philologie classique. La technique du récit, et le masquage des intentions de l’auteur a conduit dans la recherche à une multitude d’hypothèses concurrentes sur sa signification. Le récit d’Amour et Psyché introduit dans le roman fascine les lecteurs depuis la Renaissance. Sa matière mythologique, la relation d’amour entre le dieu Éros (Cupidon) et la princesse Psyché, fournit des thèmes à de nombreux poètes, écrivains, peintres, sculpteurs, compositeurs et chorégraphes. Outre les spécialistes du Moyen Âge, et les théoriciens de la littérature, des psychanalystes ont participé à l’étude et à l’analyse du récit.

Apulée a aussi écrit des poèmes, et a publié des discussions sur divers thèmes, en particulier philosophiques, ainsi que des discours. Une grande partie de ses œuvres a été perdue.

Biographie :

À part une inscription, on ne possède de sources sur la vie d’Apulée que par ses écrits. Son gentilice est Apuleius (écrit aussi Appuleius), le prénom utilisé depuis la Renaissance, de Lucius n’est pas prouvé.

Apparemment, Apulée est né vers 1231. Il provenait d’une famille de citoyens romains bien considérée et aisée, d’origine berbère. Sa ville d’origine est Madauros (cette forme est probablement plus authentique que Madaura) (en Numidie, dans l’actuelle Algérie), colonie romaine de Numidie loin de la côte romanisée, et site actuel de quelques ruines romaines primitives. Elle faisait partie de l’Afrique proconsulaire. Il se désignait lui-même comme mi-Numidien et mi-Gétule. Son père était duumvir (membre du gouvernement bicéphale de la ville). À la mort de son père, Apulée hérita avec son frère une fortune de deux millions de sesterces.

Apulée a dû recevoir sa première éducation scolaire à Madauros ; puis il alla apprendre la rhétorique à Carthage, le centre culturel de l’Afrique romaine. Dès lors, il choisit le platonisme comme orientation philosophique scolaire. Finalement, il va à Athènes pour étudier la philosophie. C’est là qu’il acquiert aussi des connaissances en poésie, en géométrie et en musique. Selon sa propre estimation, il est resté toute sa vie très zélé pour la formation. À Athènes, il a de nombreux maîtres de philosophie, parmi lesquels peut-être Lukios Kalbenos Tauros, le plus éminent platonicien d’Athènes au milieu du iie siècle. Apulée était aussi ouvert à l’influence du néo-pythagorisme, qui se mélangeait alors souvent au platonisme. Pendant son séjour en Grèce, il se fit initier à une série de cultes à mystères ; son profond intérêt pour les savoirs secrets des religions lui a rapporté plus tard la renommée de magicien. Son degré d’adhésion à la romanitas (en) fait l’objet d’un débat.

Après la fin de sa formation, Apulée entreprend des voyages étendus, qui le mènent en particulier vers Samos et la Phrygie ; de temps à autre, il séjourne à Rome, où il exerce peut-être une activité d’avocat. L’archéologue Filippo Coarelli pense qu’un bâtiment antique découvert en 1886 à Ostie, le port de Rome, peut être identifié avec la maison où Apulée a vécu. Dans les objets trouvés dans cette fouille, on trouve deux tuyaux à eau marqués de Lucius Apuleius Marcellus – apparemment le nom du propriétaire de la maison – ainsi que la base d’une statue équestre du consul Marcus Asinius Marcellus. Ceci s’accorde avec le fait que dans les « Métamorphoses » d’Apulée, paraît un Asinius Marcellus, qui initie le héros Lucius du roman au culte d’Osiris à Rome. Au cas où Lucius Apuleius Marcellus est identique à l’écrivain, celui-ci a le surnom (cognomen) de son protecteur le consul.

Avec son activité de rhéteur, à laquelle appartiennent aussi des exposés sur des thèmes philosophiques et religieux, Apulée se situe dans le courant que l’on désigne d’habitude par le vague concept de « deuxième sophistique ». Ce mouvement comprend des maîtres de rhétorique qui se consacrent aussi à la déclamation publique ; ils cultivent un art du discours efficace selon les modèles antiques et sont en partie également des écrivains. Beaucoup d’entre eux ont aussi des intérêts philosophiques. Le lien entre philosophie et art oratoire correspond à l’esprit du temps, mais manque de fondement pour un platonicien, puisque Platon avait critiqué avec acuité la rhétorique et avait lutté contre la sophistique. Il a dilapidé son héritage dans ses nombreux voyages en Asie Mineure et en Égypte où il a étudié la philosophie et la religion.

Apulée passe la dernière phase de sa vie à nouveau en Afrique du Nord. Tombé malade en route à Oea (l’actuelle Tripoli), il fut reçu avec hospitalité chez Sicinius Pontien, un condisciple du temps de ses études à Athènes. La mère de Pontien, Aemilia Pudentilla, était une veuve très riche, âgée de quelques années de plus que lui. Avec le consentement, voire l’encouragement, de son fils, Apulée accepta de l’épouser, en 156. Entre-temps, Pontien lui-même épouse la fille d’Herennius Rufin qui, indigné de voir la richesse de Pudentilla sortir de la famille, incite son gendre, ainsi qu’un frère cadet, Sicinius Pudens, encore tout jeune, et leur oncle paternel, Sicinius Aemilianus, à se joindre à lui pour contester le mariage en l’accusant d’avoir usé de charmes et de sortilèges pour obtenir l’affection de Pudentilla. Le procès eut lieu vers 158 ou 1591 à Sabratha ; le juge était le proconsul (Rome antique) de la province d’Afrique proconsulaire, Claudius Maximus. L’accusation elle-même semble avoir été ridicule, et Apulée plaida avec fougue sa propre cause. Acquitté, il consigne sa plaidoirie dans un texte connu sous le nom d’Apologie ou De Magia (Discours sur la magie) dont le contenu nous est parvenu. Plus tard, il s’établit à Carthage, où il prend une charge de prêtre ; il est probablement devenu sacerdos provinciae (chef des prêtres du culte de l’empereur dans la province d’Afrique proconsulaire). On le mentionne encore dans les années soixante, puis sa trace se perd ; on ne connaît pas ni le lieu ni la date de sa mort, mais celle-ci a sans doute lieu après 170.

Apulée a dédié deux de ses œuvres philosophiques à son « fils » Faustinus. On ne sait pas s’il s’agit là d’un fils biologique ou d’un de ses élèves.

Oeuvres :

Toutes les œuvres conservées d’Apulée sont en latin, dans une langue jugée « précieuse », mais avec une expression claire. Elles se divisent en deux groupes : écrits philosophiques et écrits rhétoriques. Son œuvre la plus célèbre, le roman des « Métamorphoses », prend une place particulière. En outre, on a de petits poèmes.

Source : wikipedia.org

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